copie conforme à la copie

décembre 4, 2009

Par texte, il entend la forme définitive d’une expérience qui, à supposer qu’elle soit possible, définit le cadre strict dans lequel un événement unique est amené à se reproduire.

Mais « expérience » n’est pas le terme approprié, « expérience » suppose la présence attentive d’une instance extérieure, capable de comprendre, ayant pouvoir de prolonger ou d’interrompre un processus alors compris comme épreuve. Il n’y a pas d’épreuve s’entend-t-il répondre. Il n’y a que la vie personnelle débitée, dont chaque segment est pesé au moyen des attaches, désormais apparentes, qui le liaient au tronc – ressemblance, filiation, fantasme, foi, avatars renouvelés de la définition – Il n’existe pas plus d’épreuve que de beurre en branche, et aucune manière de faire le bilan de la situation. Il veut dire, une manière de se sentir moins isolé. C’est peut-être de ce côté qu’il devrait encore chercher. Comment se fait-il qu’on se sente tellement seul alors que rien ne nous distingue vraiment des autres?  Mais on cherche sans chercher, car lorsqu’on en arrive à ce point, on préfère garder ses forces pour autre chose. Il a envie d’écrire qu’il en est réduit  à poursuivre sur sa lancée, en restant groupé. Au début, il s’est évidemment dispersé, mais passé l’âge de vingt ans, ça ne marche plus. Il essaie de se représenter le texte, ce bloc sans portes, ni fenêtres, pourtant l’accueil, solidifié. Comme à chaque fois, il ne tient pas. Il  pense à des trucs sans queue ni tête qui se mettent à papillonner; cette fois-ci, il est chanceux, il pense à Rostropovitch qui lui disait vivre « dans un état d’euphorie solidifiée. »

Après l’hallucination, après le voyage, la sanction descend pour la longue trêve de nudité :  n’écrire que pour être lu par le langage.

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3 Réponses to “copie conforme à la copie”

  1. paesine said

    blog K transporte, m’imaginer ta lecture immense,le monde vaut le coup, voir que tu pars si vite, et savoir que ce qu’on écrit tous dépend du silence des autres, rien faire sans ta connectique, où on voit que deux lecteurs de profil ne se sont jamais annulés.

  2. étrange qui se duplique, se savoir tous, en permanence, sous le regard de quelqu’un, ce regard partant à chaque fois d’un texte, et y retournant, faisant boucle à travers nous sur la toile – le contraire d’un cauchemar en somme, comme antidote à 1984

  3. paesine said

    étrange combinaison, et si justement vrai, d’avoir lu hier un passage copie conforme dans les cahiers in-octavo de Kafka.

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