décembre 3, 2009

A la question « où vas-tu ? », il répondait invariablement « à l’explosif ! », indifférent au terrain, au climat, à la distance, enseveli dans une trajectoire tendue, dépourvue de direction, de perspective, suspendue entre brun et jaune, dans l’alignement approximatif de chablons et de balises, s’avisant de l’urgence d’incendier maintenant, avant qu’il ne soit trop tard, ce qui n’en finissait pas de s’accumuler, faute de mieux, faute de s’ouvrir pour déshabiller l’époque. Il sentit un cœur battre sous la housse, une tiédeur liquide, longtemps couvée, maintenant expirée, divisée par trois coutures, gant sur l’asphalte, se détacher par lamelles, dessinant de petites terrasses, d’un vert tendre de rizière. La promenade mystérieuse s’achevait ici, au pied de ce muret, sur une impression de déjà-vu, et dans un silence absolu, jusqu’à l’embouchure.

Aruki Maiko, either portrait or landscape 1A, 2007 Maiko Haruki 2007 courtesy of TARO NASU

(texte anonyme, Musée de la guerre, Hô-Chi-Minh-Ville)

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