N’importe qui, c’est pas rien

janvier 19, 2015

549854943-grande-depression-crise-economique-mondiale-police-montee-combat-de-rue Faudrait voir à pas trop nous gratter le mollusque, la couenne et l’allumette à combustion, histoire de voir si c’est pas du flan ce qu’on raconte, qu’on serait ramollis de la révolte, faudrait pas nous pousser bien plus, je veux dire qu’on est à deux doigts et un trou de balle, à un rien de se faire niquer sans avoir compris ce qui nous tombe sur le haricot, à deux doigts de la machine à fachos, de se faire mettre trois doigts ou le poing entier, va savoir, parce qu’on aime la rigolade et qu’on aurait rien vu venir, ou pas voulu voir, parce que mieux vaut s’en payer une tranche tant qu’on peut, même une tranche de rassis, on est pas délicats, c’est pas nous qu’on rechigne à fourrer la dingue ou le dindon, pas nous, nom de Dieu, on a le Rabelais bien râblé et au jarret collé, les basques nerveuses et tout ça, le grossier qui démange, la margoule à fleur de miche, alors poussez pas, n’en jetez plus ou ça va péter sévère, pas rien qu’un peu, si vous vous mettez dans la tête de nous la resservir, la machine à Robespierre, ah, bande de connards, je les entends qui beuglent gorets, avec leur peine à jouir la justice sociale et tout le reste, les merdeux de la discipline, je les entends frémir d’aise, ils se la bichonnent bien au chaud, et voilà, ils sont prêts à la ressortir du placard, la lame de biseau, putain les enculés, la guillotine, et tout le fatras fanfreluche à faire gicler le raisinet en place de Grève, faut les voir se lustrer la braguette à l’idée de raccourcir de la racaille de banlieue, les morveux de l’ordre patriote, faut les voir se gargariser à l’hymne national, putain de chacals, je te dis ça comme je coulerais un bronze derrière le kiosque du carrefour à maréchaux, faut voir ça, comment que les carrefours sont jamais blasés d’après des comme mézigue, des poireaux façon m’sieur tout-le-monde, les carrefours et les places, c’est toujours du blaze cathédrale, forgé pour l’enflure et pour les lustres et les siècles des siècles ; mais eux, les pissenlits en bottes d’apparat, avec leur drapeaux et avec leurs hymnes de pucelle Jeanne d’Arc, je leur pisse à la raie, je te jure, et c’est pas que je serais de gauche ni rien, pas de droite, je les envoie paitre tous autant qu’ils sont, le Poujade et le Flaubert, le Robespierre et l’abbé Pierre, qu’ils aillent se faire mettre chez l’Héphaïstos, non mais faut pas déconner, nous, les comme moi, les sans-grade, les qui ferraillent leurs journées pisseuses, les durs du cuir à crasse bitume et cervelle de piaf, on se tient fermes, la couille dodue et le croc carié, fermes et sereins, mauvais comme gale de chien, on est là et on va pas en bouger, pas un pouce d’écart, on cèdera rien, que nib à ces empaffés de la sécurité, rien de rien, et pas non plus une miette pour les zouaves de la gentillesse, les à-la-main-tendue, les avec-le-cœur-sur-la-main, aux chiottes, les saligauds, aux chiottes le discours patriarcho-larmoyant, les je-te-demande-ta-confiance, tous ces zigs à limousine, tous ces connards sans tripes sans rien, et tous ceux qui leur lèchent les bisques parce qu’ils voudraient bien s’en payer une tranche, voudraient que le sang se remette à couler en place de Grève. Je te dis, il y a urgence, camarade pauvre con, et camarade, c’est pas communiste ou machin d’anarcho, hein, faut pas confondre, la vraie rage de chacal avec le rabougri de l’idéal rouge ou noir, ou ce qu’on voudra, l’idéaliste, nous, on, les comme mézigue, on le dézingue tout pareil, faut pas déconner, non mais je me marre massif, comme si qu’on était des toutous à sa mémère capables de faire roulette au son de la flûte nationale, déconnez pas, les mecs, déconnez pas avec ça, niet, que nib, voilà, rien de plus, rien de moins, la lame à guillotine on en veut pas, plus jamais ça, tu vises, parce que les nous, les on, les gens, c’est pas des crasseux, les gens, c’est des hirondelles et c’est des fusées, et faut pas les faire chier, nous, on veut juste être comme les sapins, bien raides et bien verts dans la tempête, et merde au reste, merde au vent mauvais, ensemble, point barre ! À cheval, au galop et la chance avec soi ! L’amour, quoi, rien d’autre, l’amour bien merdeux qui sent le zéphyr. Voilà.

Publicités

4 Réponses to “N’importe qui, c’est pas rien”

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :