voyait encore

novembre 9, 2010

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce que j’inventais disparaissait dans ce qui était donné. On en voyait encore les restes, bien sûr. Mais on se rendait surtout compte du mouvement qui détruisait la fiction. Non seulement ça. On comprenait aussi comment chacune de ces histoires s’asséchait progressivement. Comment la singularité n’avait plus ni importance, ni saveur. J’ai cru que j’allais m’en sortir. J’étais tour à tour dans la peau d’un alpiniste, d’un funambule, ou de quiconque voyant son horizon réduit au souci de rester en vie. On ne parlait plus d’écriture mais d’équilibre. L’écriture perdait le pouvoir de distinguer le vrai du faux, le bien du mal. Elle perdait tout pouvoir, y compris celui de décrire. Ce qu’elle distinguait encore perdait à son tour le pouvoir d’émerveiller. La vie qui se laissait malgré tout surprendre dans sa nudité émettait une sorte de plaine qui voulait dire « laissez-moi m’éteindre en paix. » Quoi que je dise, je serai bientôt incapable de surprendre qui que ce soit. Bon Dieu ! Je n’allais quand même pas m’accrocher aux détails. L’individu n’est heureux que noyé dans la masse. L’écriture n’est belle que privée d’éclat. Honnies soient les fêtes et maudits soient les héros !

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